Les Avant-Gardes

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    Metropolis

    Lang, Fritz

    Nom

    1926-1927

    Style

    Metropolis est un film long-métrage allemand réalisé par Fritz Lang en 1926 dont l’action se situe son action dans une ville futuriste du même nom. À Metropolis, les clivages sociaux et les rapports de classe sont la base de l’organisation de la société : les ouvriers travaillent dur dans les sous-sols crasseux de la cité pour assurer sa survie, dirigés d’une main de fer par la caste des dirigeants, qui réside dans de somptueux jardins suspendus sur les hauteurs de la ville. Le film suit le parcours du fils du maître de la cité, qui cherche à renverser l’ordre établi.

    Produit par la UFA (Universum Film Aktiengesellschaft), la plus grosse société de production allemande et européenne de l’époque, Metropolis est un film au budget considérable, le plus important jamais consacré à un film jusqu’alors. Toute une ville a été reconstruite pour l’occasion dans les imposants studios de Babelsberg, dans la banlieue de Berlin ; des maquettes très réalistes ont été créées, de volumineuses toiles ont été peintes pour le décor, des milliers de figurants engagés et des effets spéciaux développés en exclusivité, ce qui fait de Metropolis un film unique en son temps. L’importance accordée aux décors témoigne d’une vraie volonté du réalisateur, Fritz Lang, et du producteur, Erich Pommer, de placer l’urbain au centre de la réflexion du film. En effet, en 1925, Pommer et Lang découvrirent ensemble les gratte-ciels de Manhattan au cours d’un voyage. Cette impressionnante architecture inspira au célèbre réalisateur allemand une nouvelle intrigue. Metropolis reste également connu pour être l’un des films les plus « retouchés » car censuré du cinéma. D’une version originale de 153 minutes, le film sort sur les écrans en 1927 dans une version raccourcie de 118 minutes. Il reste aussi malheureusement célèbre pour être à la source de la déchéance de la UFA, qui avait investi énormément dans un film qui ne remporta qu’un succès très mitigé en 1927auprès du public allemand et mondial, plaçant la société de production dans une situation financière très délicate.
    Comme dans beaucoup de ses films, c’est l’occupation de l’espace qui préoccupe ici le réalisateur. Lang assemble des formes géométriques variées pour occuper le cadre, meublé de personnages envahissants et de décors gigantesques. En agençant ses éléments à la manière d’un architecte (sa formation d’origine), Lang délimite plastiquement un espace scénique. Les bâtiments aux formes rectangulaires ou triangulaires se croisent, se superposent, se juxtaposent pour créer un environnement urbain dont la froideur est accentuée par le mode de réalisation : angles cassés, exploitation maximale de l’échelle des plans, utilisation d’un contraste marqué entre les zones d’ombre et de lumière. L’impression première est une sensation de rigidité, de contrôle, de maintien. Le réalisateur transcrit visuellement par des éléments filmiques l’idée d’enfermement dont souffrent les habitants de Metropolis. Des formes récurrentes présentes tout au long du film, aux nombreuses références religieuses, mythologiques ou politiques, le jalonnent (le triangle symbole d’espoir, le carré d’emprisonnement, le cercle élément parfait) ; tout est lié, construit, imbriqué et savamment agencé par Fritz Lang qui signe ici une de ses œuvres les plus fortes.

    Aujourd’hui considéré par le public comme par la critique et les théoriciens comme l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma, icône de l’expressionnisme cinématographique, Metropolis a permis de diffuser mondialement certaines figures propres à qui lui sont propres, comme celles du savant fou, de la bourgeoisie dirigeante, du rapport de l’individu à l’urbain, de la démesure, de la domination des foules, et ainsi d’en assurer la pérennité artistique dans les cinématographies européenne et américaine. Metropolis reste aussi le film le plus marquant de la riche filmographie de son réalisateur d’origine autrichienne, Fritz Lang, qui s’illustra plus tard avec des films comme M le Maudit (1931) ou Le Testament du Docteur Mabuse (1933).

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