Le Gothique

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    Bibla pauperum

    Nom

    Vers 1464-1465

    Style

    La Bibla Pauperum est un livre sur papier haut de près de 30 centimètres, mêlant sur ses pages textes et illustrations colorées, imprimé dans les Flandres et daté vers 1464-1465 à la suite de l’examen du papier. Sa date de création en fait un incunable, dit « incunable tabellaire » en raison de sa technique particulière de réalisation. De tous les exemplaires connus de l’édition, celui conservé à la Bibliothèque royale de Bruxelles apparaît comme le plus beau, par le travail particulièrement soigné de la couleur, appliquée à la main après l’impression et qui conduit à la personnalisation de l’ouvrage.
    La Bibla Pauperum témoigne de la volonté de trouver des solutions au problème de la diffusion des textes, en recherchant un mode de reproduction susceptible de se substituer à celui du livre manuscrit, dont sont toutefois repris la forme et l’ordonnance. S’inspirant du procédé de la gravure sur bois, habituellement employé pour diffuser des images pieuses en feuilles séparées qui étaient ensuite coloriées, le procédé de fabrication des livres tabellaires est marqué par l’utilisation de planches de bois gravées où les images et le textes sont réunis afin de constituer des feuilles qui, pliées puis insérées les unes dans les autres, permettent la formation d’un livre. Le texte et les images doivent être gravés à l’envers, afin d’être imprimés dans le sens de la lecture.
    Tout en répondant au même problème que l’imprimerie de Gutenberg, à savoir la diffusion d’un grand nombre de textes par la reproduction mécanique, la technique tabellaire de la Bibla Pauperum témoigne d’une conception du livre bien différente. Le texte y est en effet fixé une fois pour toute sur une matrice susceptible de servir à de multiples impressions, faites à la demande et qui pouvaient donc être décalées dans le temps ; l’impression de Gutenberg à partir de caractères mobiles utilisés pour composer une page de texte, implique quant à elle une impression de tous les exemplaires désirés en une fois.
    Offrant l’avantage de combiner sur une même planche le texte et l’image, leur conférant une grande homogénéité qui participe à l’équilibre de l’ensemble, peu coûteuse, la technique du livre tabellaire nécessite cependant un travail long et fastidieux, où les erreurs sont difficilement réparables, l’intervention devant alors toucher toute la page. Ne devant pas être considérée comme un simple archaïsme, elle constitue un mode de fabrication simultané à celui des caractères mobiles et ne disparaît que plusieurs années après que ces derniers se sont répandus dans toute l’Europe.

    Le texte de la Bibla Pauperum est un texte savant rédigé en latin qui présente, en s’appuyant sur les images, différents sujets de l’Ancien et du Nouveau Testament. L’ouvrage illustre la pensée médiévale selon laquelle l’Ancien Testament préfigure le Nouveau, chaque épisode du premier trouvant un écho dans le second. La Résurrection de Lazare (Nouveau Testament) est ainsi notamment mise en rapport avec le retour à la vie du fils de la veuve de Sarepta (Ancien testament).
    Contrairement à ce que laisse entendre le titre, donné en 1769, de « Bible des Pauvres », la Bibla Pauperum n’est ainsi ni une véritable Bible, ni un ouvrage destiné aux pauvres, ses lecteurs devant maîtriser la lecture du latin et pouvoir comprendre la conception intellectuelle de l’ouvrage, où les images ne prennent leur sens qu’à l’aide des explications du texte. Ce titre de « Bible des Pauvres » témoigne de la vision du Moyen Âge qui se répand au XVIIIe siècle, selon laquelle les images donneraient aux illettrés un accès aux textes sacrés. Si le livre était d’un coût plus modeste que celui des précieux manuscrits, il était sans nul doute destiné au même public que ces derniers.

    Mises en scène dans différents registres, distingués par des architectures et des phylactères, les illustrations s’inspirent pour certaines de modèles de Jan van Eyck et de Rogier van der Weyden. La technique de la gravure sur bois induit nécessairement une simplification des motifs habituellement peints dans les manuscrits, mais elle permet de leur offrir une diffusion plus importante. Les modèles offerts par la Bibla Pauperum seront ainsi à leur tour repris et modifiés dans des ouvrages ultérieurs.

    PC

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