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    Cathédrale Notre-Dame de Laon

    Nom

    1155-1220

    Style

    La construction de la cathédrale, décidée par Gauthier de Mortagne (évêque de Laon entre 1154 et 1171) comprend quatre grandes étapes. De 1155 à 1170, furent élevés sur les vestiges d’un édifice antérieur, le chœur et les murs orientaux du transept. La deuxième tranche de travaux, de 1170 à 1180, est marquée par l’édification de cinq travées de la nef dans le prolongement du chœur, l’achèvement du transept et le début de la construction des tours. Lors de la troisième phase, de 1180 à 1195, la nef est achevée alors que la façade occidentale, ornée de ses tours, est érigée. Enfin, au début du XIIIe siècle, de 1205 à 1220, la fabrique décide la reconstruction et l’agrandissement du chœur est. À la même époque, la tour-lanterne est voûtée, la nef étant dotée d’arcs-boutants visant à consolider l’édifice alors que la tour occidentale du transept sud est élevée.
    Au cours de son histoire, l’édifice connaîtra quelques aménagements : installations de chapelles, reconstruction des façades du transept. Pendant la Révolution, la cathédrale subit des actes de vandalisme et, en 1793, la flèche de la tour sud de la façade occidentale est abattue. À partir de 1853, et jusqu’à la Première Guerre mondiale, la cathédrale connait plusieurs campagnes de restauration dont celles que mène l’architecte des Monuments Historiques Émile Boeswillwald.
    Si les dimensions de la cathédrale Notre-Dame de Laon rivalisent avec celles de la cathédrale de Paris, son plan est plus complexe. Cet édifice, en croix latine, présente un chœur au chevet plat aux proportions inhabituelles. Celui-ci était à l’origine hémicirculaire, suivant le modèle des églises romanes anglo-normandes. La nef, à trois vaisseaux couverts d’ogives sexpartites, compte onze travées. Elle est caractéristique du premier art gothique : quatre niveaux, comprenant de grandes arcades, des tribunes, un triforium et des fenêtres hautes. Le transept, d’un développement très vaste, se termine par des façades structurées sur deux niveaux et ouvertes, à l’est, sur des chapelles hémicirculaires.
    Parmi les solutions architecturales expérimentées lors de la construction de la cathédrale, on note la particularité des tours, au nombre de sept (deux en façade, deux à chaque extrémité du transept et une à la croisée). Des dessins de Villard de Honnecourt apportent un témoignage visuel du brio avec lequel l’architecte de Laon a inventé pour les tours une formule permettant de passer de l’habituel plan carré à un plan octogonal. Ces constructions ont suscité l’admiration pour leur virtuosité technique. Le modèle a été propagé à travers l’Europe et se retrouve notamment dans les cathédrales de Bamberg, Naumburg, Palerme et Lausanne.

    On explique difficilement que le chevet ait été reconstruit au XIIIe siècle dans des proportions aussi vastes. Les considérations esthétiques ne furent certainement pas les seules en jeu : la transformation du chœur est plus probablement liée à l’évolution de la liturgie et des rapports entre fidèles et ecclésiastiques. Cet espace devenait ainsi la partie essentielle du bâtiment, comme en témoigne l’abondante décoration. La construction d’un chevet plat s’est accompagnée de l’aménagement d’un déambulatoire dans la dernière travée du chœur, embellissant le vaisseau central en le terminant par une vaste composition de vitraux à trois lancettes surmontées d’une rose qui répond à celle placée à l’ouest.
    Malgré d’irrémédiables destructions pendant la Révolution et d’importantes restaurations au XIXe siècle, le décor sculpté, porté par l’architecture, présente un ensemble de premier plan pour la sculpture gothique, notamment dans la composition de la façade occidentale où domine les thèmes liés au culte marial. La distribution architecturale de la cathédrale, marquée par trois portails précédés de porches et reliés par des gâbles, est proche de celle des cathédrales de Paris et de Bourges qui lui sont contemporaines. Elle sera reprise ultérieurement à Soissons et à Chartres. Des différences sensibles dans le style laissent deviner la présence de plusieurs artistes. Un « style laonnois » se dégage toutefois, caractérisé par les draperies souples et fluides, à l’antique, qui recouvrent des personnages en mouvement.
    Une sculpture dite « marginale » se démarque de l’ensemble, comprenant notamment une série de quarante personnages surmontant les arcs-boutants de la nef et du chœur. Ces statues en ronde-bosse sont indépendantes les unes des autres, disposées librement, sans schéma narratif. Leur style se fait libre, recherchant l’expression du mouvement. Ces figures semblent s’inscrire dans la lignée des « gardiens de tours de clochers », développée au XIIe siècle. On relèvera également la présence de seize bœufs placés sur les tours de la façade, au sujet desquels plusieurs interprétations sont proposées. Leur présence pourrait être intiment liée à l’histoire de la construction : à la suite de l’incendie de 1111, un bœuf serait mystérieusement apparu et aurait, par sa seule puissance, rendue possible la fin des travaux. Ces taureaux pourraient aussi rappeler ceux mentionnés dans la Bible, qui supportent la mer d’airain devant le temple de Salomon.

    CG

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