Le Gothique

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    La Vierge à l’Enfant du trésor de la Sainte-Chapelle

    Nom

    Vers 1260-1270

    Style

    La Vierge à l’Enfant du trésor de la Sainte-Chapelle est une statuette en ivoire, taillée dans une défense d’éléphant, haute de 41 cm et réalisée à Paris vers 1260-1270. La Vierge Marie y est présentée debout sur un socle pentagonal sous les traits d’une femme jeune et souriante, tenant de son bras gauche son fils Jésus, auquel elle tend une pomme de sa main droite. L’enfant et sa mère ont un visage radieux qui évoque une tendresse et une douceur qui n’empêchent pas le dynamisme et l’élégance. Marie, vêtue d’une robe serrée à la taille et d’un grand manteau, apparaît en effet comme une jeune femme raffinée ; le mouvement de torsion de son corps, qui permet au sculpteur de lui faire épouser la forme de la défense dans laquelle elle a été réalisée, entraîne les nombreux plis de ses vêtements, dessinés en cascade sur la jambe droite et se poursuivant en éventail dans le dos, qui contribuent à l’impression d’animation de l’ensemble.

    La statuette appartient au trésor de la Sainte-Chapelle, fondé par Saint Louis pour accompagner les reliques qu’il avait acquises à grands frais à Constantinople, destinées à prendre place dans le bâtiment de la Sainte-Chapelle, attenant à son palais et spécialement conçu pour les accueillir. Mentionnée dans le premier inventaire du trésor, établi vers 1280, la Vierge fait partie des premiers objets conservés. Elle portait initialement sur son voile une couronne d’argent doré, comme le montrent les trous au niveau de sa tête.
    La Vierge fut modifiée dans son aspect à la demande de Charles V, qui la fit parer de divers ornements, parmi lesquels une couronne d’or et de perles, une bague et une fleur sur la poitrine, toutes ornées d’émeraudes. Ces parures témoignent du souci des souverains de conférer aux objets du trésor – qui contenait notamment des morceaux de la couronne d’épines du Christ et des fragments de la Vraie Croix, des langes du Christ enfant, la Pierre du Sépulcre et le Lait de la Vierge – le caractère le plus précieux possible. L’ivoire était également rehaussé de dorure et de peinture par le biais de motifs tracés à main levée qui confèrent aux vêtements une élégance supplémentaire, qui demeure sensible en dépit de l’arrachage des parures, supprimées pendant la Révolution, et de l’effacement des dorures.
    De grande taille pour une œuvre en ivoire, elle offre en effet le témoignage d’un savoir-faire exceptionnel alliant sens monumental et délicatesse. Les ondulations des cheveux ainsi que les traits des visages démontrent le caractère minutieux et raffiné du travail du sculpteur ; la Vierge adopte le visage triangulaire qui constitue celui de l’idéal féminin du temps et se retrouve dans d’autres œuvres contemporaines, marqué par de longs yeux en amande, de fins sourcils, une bouche mince et un menton prononcé.

    La science de la taille de l’ivoire illustrée par la sculpture témoigne de l’excellence des ateliers parisiens au milieu du XIIIe siècle ; mêlant tradition et innovation, ceux-ci sont mis à contribution par le roi pour leur capacité à joindre perfection technique et dynamisme, conduisant à des œuvres où se retrouvent à la fois puissance et douceur, ainsi que le montre le travail des plis du manteau et du visage souriant.
    Susceptible de rivaliser avec des œuvres monumentales, cette statuette constitue une référence majeure pour les sculpteurs qui s’en inspirent bien au-delà de Paris pour créer des images nouvelles de Vierge à l’Enfant insistant sur la tendresse, le jeu et la complicité entre la mère et son fils plutôt que sur la conscience tragique du destin funeste de celui-ci.

    PC

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