Les Avant-Gardes

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    Palazzo della civiltà italiana

    Piacentini, Marcello

    Nom

    1938-1943 ; inauguré le 30 novembre 1940

    Style

    Le Palazzo della Civiltà Italiana (Palais de la civilisation italienne) est l’un des symboles de la Rome fasciste. Il prend place dans le quartier de l’EUR, qui fut imaginé par Benito Mussolini dès 1935. Le Duce désirait alors réaliser un nouveau quartier à la périphérie de Rome, vers la mer, pour accueillir l’exposition universelle qui devait avoir lieu en 1942. Mussolini voulait rompre avec la pratique des habituelle pour ces manifestations en édifiant des bâtiments pérennes qui constitueraient un quartier entièrement nouveau pour la capitale italienne. Le Palazzo della Civiltà Italiana devait être le bâtiment dominant ce quartier et symboliser à lui seul la puissance de l’Italie, en rappelant son passé glorieux et en exprimant la modernité d’une nation unifiée.
    La construction devait ainsi répondre à un programme politique précis. Le gouvernement fasciste, désireux de sortir le pays de la crise économique et revendiquant l’autarcie de la nation, avait défini comme principe pour les constructions publiques l’utilisation maximale des matériaux et des ouvriers italiens et la réduction des importations à 10 % du budget total d’un édifice.
    Le projet du quartier E 42 (nom de celui-ci en 1938) fut confié à l’architecte et urbaniste Marcello Piacentini (1881-1960). Ce dernier, partisan du classicisme en architecture, eut un rôle décisif dans l’aspect final du Palazzo della Civiltà Italiana en élaborant un cahier des charges précis. Les architectes retenus pour le projet du Palais et sa réalisation furent Giovanni Guerrini, Ernesto Bruno La Padula et Mario Romano.

    Dès l’origine, les architectes avaient choisi de réaliser un cube monumental, percé de manière régulière par de grands arcs en plein-cintre. Cette silhouette et la présence des arcades donnèrent au Palais son surnom de Colosseo Quadrato (Colisée carré). L’utilisation modulaire de l’arc, confère en effet au Palazzo della Civiltà une certaine ressemblance avec le vestige le plus marquant de la Rome impériale.
    Dans sa version définitive, le bâtiment repose sur une série de gradins situés sur deux côtés opposés, ce qui accentue encore l’effet monumental. La façade compte six niveaux, chacun marqué par une série de neuf arcades. Un attique coiffe le monument et porte une inscription en lettres de plomb répétée sur les quatre côtés :
    « Un popolo di poeti di artisti di eroi di santi di pensatori di scienziati di navigatori di trasmigratori »
    [Un peuple de poètes, d’artistes, de héros, de saints, de penseurs, de scientifiques, de navigateurs, de voyageurs]
    Cette phrase fut prononcée par Benito Mussolini à l’occasion de l’entrée des troupes italiennes à Addis Abeba, le 5 mai 1936, lors de l’invasion de l’Éthiopie.
    L’extérieur du palais est recouvert d’un placage de travertin, dans la tradition des grands monuments romains. Le décor extérieur est complété par des sculptures monumentales qui ne font que souligner la sobriété globale du monument et redoublent son aspect classicisant. Aux quatre angles du bâtiment se situent les sculptures de Léda et Zeus, et deux groupes des Dioscures. Sept des neuf arcades du rez-de-chaussée abritent une statue représentant les sciences ou les arts, dues à des sculpteurs spécialisés de Massa Carrara, réputée pour ses carrières et ses travailleurs du marbre.

    L’intérieur du palais était destiné à accueillir l’exposition universelle et chaque niveau présentait un vaste espace dévolu à cet effet. L’accès aux niveaux supérieurs s’effectuait par des escaliers monumentaux.
    Les travaux furent achevés deux ans après l’inauguration, en 1942, mais la guerre empêcha la tenue de l’exposition universelle.

    Après la libération de la péninsule, les intérieurs furent pillés, mais les dégradations extérieures furent minimes. Malgré le contexte de création du bâtiment, et bien qu’il fut marqué d’une parole chargée de significations belliqueuses du dictateur italien, le Palazzo della Civiltà Italiana ne sera jamais détruit, ni même menacé. Bien que controversé, il n’en demeure pas moins l’une des œuvres emblématiques de l’architecture romaine des années 1930, de la recherche de classicisme, mêlée à un renouvellement des formes.
    Le palais et le quartier dans son ensemble connurent plusieurs phases de réhabilitation. Dans les années 1950, le palais change de nom, devenant Palazzo della civiltà del lavoro (Palais de la civilisation du travail) et accueillant plusieurs expositions.
    L’esthétique très épurée du monument explique probablement sa préservation. L’aspect théâtral du palais, blanc avec ses grandes ouvertures sombres ou à l’inverse, décor fantasmagorique lorsque l’intérieur est éclairé de nuit, a d’ailleurs inspiré de nombreux artistes, et en particulier des cinéastes, tels Ubaldo Ragona (L’ultimo uomo della Terra, 1964) ou Peter Greenaway (The Belly of an Architect, 1987). D’ailleurs, le palais, en restauration depuis 2003, est destiné à devenir le musée de l’audiovisuel.

    MLM

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