Le Gothique

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    Maître du Jardinet du Paradis

    Nom

    Vers 1410

    Style

    Le Jardinet du Paradis est considéré comme un des chefs-d’œuvre de l’Ecole du Rhin supérieur ; celle-ci se développa dans le sillage du mouvement du « gothique international », caractérisé par la souplesse et la fluidité des mouvements, ainsi que par la préciosité des gestes des personnages représentés. L’Ecole du Rhin supérieure se démarque par un souci de réalisme, notamment dans la représentation de la nature, ainsi que par le sentiment d’intimité qui se dégage des scènes traitées. Les artistes de cette école travaillent dans une région qui faisait alors partie du Saint Empire Romain Germanique. Les principaux foyers artistiques dans lesquels ils sont actifs sont Strasbourg, Colmar, Fribourg-en-Brisgau et Bâle. Les dommages causés par l’iconoclasme au XVIe siècle, lors de la Réforme, ainsi que les nombreuses guerres qui suivront, ont malheureusement détruit une très grande partie des œuvres. Toutefois, la qualité de celles qui sont conservées laisse encore percevoir l’importance de l’art de cette région au XVe siècle. Nous ne connaissons pas l’identité de l’artiste qui a exécuté Le jardinet du Paradis, aux alentours de 1410, et ignorons même si elle a été réalisée à Strasbourg, Bâle ou dans une autre ville de la région.

    Cette œuvre représente la Vierge Marie, entourée de sept personnages, dans un petit jardin clos par un mur crénelé. Contrairement aux représentations traditionnelles des scènes dédiées à la dévotion de la Vierge, cette dernière ne se trouve pas au premier plan, mais au second. Reconnaissable à son manteau bleu et à sa couronne finement ciselée, elle est assise sur deux épais coussins pourpres. De même taille que les autres personnages en dépit de son éloignement, la Vierge Marie est absorbée par la lecture d’un livre. A sa gauche, se trouve une table de pierre hexagonale sur laquelle sont disposés un plat rempli de pommes et un gobelet ouvragé. A sa droite, sainte Dorothée cueille des cerises qu’elle dépose dans un panier. Devant elle, sainte Barbe puise de l’eau dans un puits, tandis que sainte Catherine d’Alexandrie joue avec l’Enfant Jésus. Elle lui tend le psaltérion sur lequel l’enfant joue. Sainte Catherine d’Alexandrie aurait, selon la légende, vu le Christ dans un rêve et aurait décidé de lui consacrer sa vie, se considérant comme sa fiancée. C’est pourquoi elle est ici représentée comme étant la plus proche du Christ enfant. Dans le coin inférieur droit, nous pouvons voir trois personnages masculins, tous caractérisés par leurs attributs : l’archange Michel, reconnaissable à ses grandes ailes, est assis, avec le diable qu’il a vaincu à ses pieds ; dans la même position, saint Georges se trouve à ses côtés. Vêtu d’une cotte de mailles, il tourne le dos au dragon qu’il a terrassé. Enfin, saint Oswald s’appuie conte un arbre. Occupées à diverses activités, les femmes se déploient dans l’espace, tandis que le groupe masculin, resserré à droite, semble entretenir une paisible conversation. Le regard du spectateur passe d’un personnage à l’autre, s’attardant sur la profusion de détails dans la représentation du jardin.

    Cette scène se déroule dans un jardin protégé par un mur épais. Le thème du jardin clos est une image fréquemment utilisée pour symboliser la virginité de Marie. Ce mur délimite également la composition du tableau : derrière lui se dresse un arbre qui se détache sur un ciel d’un bleu profond, suggérant la profondeur spatiale. Dans le jardin fleurissent abondamment différentes sortes de plantes : lis, roses, muguet, iris, etc. Toutes ces fleurs sont représentées de façon très détaillées. Nous pouvons aisément les identifier, tout comme les arbres et les nombreux oiseaux qui y sont perchés. Parmi les oiseaux qui se détachent sur le mur crénelé, nous pouvons reconnaître par exemple un bouvreuil, un pic-vert ou un rouge-gorge. Il n’en reste pas moins que les plantes représentées ne peuvent fleurir pas en même temps, l’artiste ayant cherché à figurer de manière réaliste la nature, mais dans un état idéal. Presque toutes les fleurs ont un lien avec l’iconographie de la Vierge traditionnellement utilisée au Moyen Âge. Marie apparaît ici comme la plus belle fleur de ce jardin. En effet, il était alors fréquent de représenter la Vierge dans un rosier. Ainsi, pour célébrer la Vierge, les clercs avaient alors l’habitude de reprendre la tradition lyrique courtoise, dans laquelle la femme aimée est comparée à une fleur. L’exemple de cette littérature, dont s’inspire ici selon toute vraisemblance l’artiste, est le célèbre Roman de la Rose composé par Guillaume de Lorris en 1237, et complété par Jean de Meung vers 1280. Dans ce poème allégorique, l’objet de la quête amoureuse est identifié à une rose, découverte dans un jardin fermé par de hauts murs.

    JMD

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