Le Gothique

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    Maître Bertram

    Nom

    1379-1383

    Style

    Ce panneau peint représentant la création des animaux fait partie d’un retable de grandes dimensions conservé à la Kunsthalle de Hambourg. Créé pour l’église Saint-Pierre de cette ville, le retable était à l’origine composé de trois parties distinctes, qui s’offraient tour à tour aux yeux des fidèles, selon le calendrier liturgique. Le premier tableau extérieur a disparu. Les volets intérieurs se composent de scènes peintes. Celles-ci se détachent sur un fond d’or chatoyant et évoquent sur deux registres horizontaux les épisodes de la Création du monde puis, sur le registre inférieur, des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, de l’offrande d’Abel et Caïn à la fuite en Egypte. Lors des jours de fête, ce retable était ouvert et laissait voir, au centre, le Christ en croix entouré de figures de saints sculptées. Le thème de ce retable est donc la création divine, de l’origine du monde au jugement dernier, évoquée par la parabole des vierges folles et des vierges sages représentées sur les volets sculptés. Ce programme iconographique est complexe : les scènes se répondent d’un registre à l’autre. Sur les volets peints, la création d’Eve, au registre supérieur, répond à l’Annonce faite à Marie, située juste en dessous ; Marie était alors considérée comme la nouvelle Eve, par qui arrive le Salut.
    Cette œuvre est admirablement conservée : elle a été placée dès 1731 dans l’église de Grabow dans le Mecklembourg. Elle ne fut identifiée qu’au début du XXe siècle, époque à laquelle elle fut achetée par la Kunsthalle de Hambourg.

    Ce retable est la seule œuvre que nous puissions attribuer avec certitude à Maître Bertram. Le nom de cet artiste apparaît à plusieurs reprises dans les archives de la ville. Si sa date de naissance n’est pas connue (probablement vers 1340), le premier document mentionnant sa présence à Hambourg date de 1367. Il y apparaît comme Bertram von Münden, nom de sa ville natale qui se trouve en Westphalie. Ces documents d’archives nous apprennent qu’il était propriétaire d’un atelier de peintres et de sculpteurs. Nous ne savons rien de sa formation mais une analyse de son style pictural nous laisse entendre qu’il aurait été en contact avec des artistes de Prague. La douceur des modelés des figures et le drapé des vêtements habillant ses figures monumentales le rapprochent de l’art de Maître Théodoric de Prague et de l’art de Bohème en général. Maître Bertram est considéré comme le peintre le plus important du nord de l’Allemagne vers 1400.
    Grâce aux documents d’archives, nous pouvons affirmer que le retable a été achevé en 1383. La grande beauté des couleurs (notamment des rouges) et l’imposante majesté de ses personnages frappent le spectateur. Pour représenter le cinquième jour de la Création, Maître Bertram a placé Dieu au centre de la composition, encadré de part et d’autre par les animaux : les mammifères se trouvent à sa droite, sur une falaise, tandis que les oiseaux et les poissons se déploient verticalement. Chaque animal est caractérisé : l’artiste a rendu compte de la particularité de chaque créature. Ces animaux témoignent d’une observation attentive de la nature et d’une grande connaissance du bestiaire figurant sur les enluminures contemporaines. Ceci n’est pas surprenant puisque maître Bertram était lui-même enlumineur. Dieu se trouve au centre de la composition. Il se penche légèrement vers la droite, levant la main gauche vers le ciel, l’autre bénissant les animaux. Le mouvement des mains est repris par le drapé en arabesque de la tunique. Les motifs d’enroulement de l’étoffe annoncent les cascades de plis du « style international » qui se développera vers 1400. L’impression de majesté qui émane de cette œuvre est due au fond d’or, traditionnellement utilisé au Moyen Âge pour magnifier les œuvres liturgiques. Il unifie les différentes scènes de ce retable qui, placé sur l’autel de l’église Saint-Pierre, était éclairé par la lumière des vitraux et des cierges disposés dans le chœur de l’église. Illuminé par ces lumières latérales, le fond d’or accrochait la lumière, faisant ainsi vibrer les couleurs des tableaux peints.

    JMD

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