Le Gothique

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    Eglise Saint-Olav

    Nom

    XIIIe-XIXe siècles (première mention : 1267)

    Style

    L’église Saint Olav (Oleviste kirik) est un des monuments les plus prestigieux de Tallinn à l’époque médiévale (qui s’appelait Revel du 1219 à 1917). Grande ville portuaire, Tallin faisait partie de la Hanse, l’association des négociants allemands qui contrôlait les marchés de l’Europe du Nord et de la mer Baltique. Dans le paysage urbain, le regard se fixe sur la tour avant de s’arrêter sur les volumes du bâtiment, qui descendent en marches, illustrant les étapes successives de la construction de cette église, d’abord catholique, ensuite luthérienne et, enfin, évangélique.
    Une légende populaire attribue la nomination de l’église Saint Olav au prénom d’un maître qui promit d’ériger la plus haute église de la ville à condition de conserver son anonymat. Un des magistrats municipaux, ayant entendu la berceuse que la femme du maître chantait à son bébé : « … Bientôt Olev reviendra chez lui », a crié son nom quand celui-ci fixa la girouette. Appelé, l’architecte tomba de la tour et s’écrasa. Une guilde des marchands de Revel portait également le nom de saint Olav (le roi Norvégien Olav II Haraldsson, vénéré comme patron des marins).
    A l’emplacement de l'église Saint Olav se trouvait, en 1267, selon des archives, une base de marchands scandinaves ; peut-être une église s’y trouvait-elle déjà au XIIe siècle. Une des clefs de voûte du bâtiment actuel porte la date de 1330, marquant peut-être la fin d’une des étapes de la construction. À cette époque, l’église aurait pu avoir une nef à trois vaisseaux, sans transept. C’est alors que fut construite la tour dans le massif occidental.
    Le chœur actuel, avec son déambulatoire, construit entre 1420 et 1425, est le plus vaste de Tallinn et correspond probablement à la largeur de la nef du XIVe siècle. Quatre colonnes octogonales y soutiennent les voûtes étoilées ; les clefs de voûtes sont des pierres anciennes, réutilisées dans la construction ; une parmi elles, placée au centre, derrière le retable, présente saint Olav couronné, avec le sceptre et le globe, les pieds sur un serpent à tête féminine.
    De 1442 à 1450 la nef de l’église est reconstruite par le maître Andreas Kulpsuu. La nef centrale courte et très haute (31 m) s’élève au-dessus du chœur et des collatéraux. Un mur-pignon avec une niche à arc brisé délimite le chœur et la nef. L’intérieur de l’église Saint Olav, terminé dans les années 1460, est éclairé par des fenêtres lancéolées, percées dans les bas-côtés et dans le chœur. En hauteur, des fenêtres étroites scandent de part et d’autre les segments de la voûte en étoile, celle-ci contrastant avec la masse plane des murs massifs, sans triforium, eux-mêmes supportés par des piliers carrés. Les voûtes se reposent sur des culots moulurés qui n’ont aucun support apparent (pilastre ou colonne) mais se placent au-dessus des niches.
    Au milieu du XVe siècle, la tour gagne en hauteur jusqu’à atteindre, vers 1500, la hauteur de 159 m. Le bâtiment prétend être le plus haut en Europe, jusqu’en 1625, où sa flèche brûle. Aujourd’hui, la grande tour carrée joue le rôle de façade, selon la tradition des églises gothiques germaniques. Une haute baie (et non une rosace) est placée au-dessus du portail. La partie supérieure de la tour est décorée par deux rangées de fenêtres. L’ensemble de la maçonnerie, haut de 57 m, est couvert par une flèche atteignant 124 m, entourée de quatre pinacles qui marquent les angles de la tour. Son espace intérieur se réunit avec celui de la nef par le biais d’un arc, comme dans les églises gothiques allemandes. La hauteur de la flèche ne pouvait que rendre vulnérable l’édifice : huit coups de foudre et trois incendies, nés pendant des orages, induisirent de multiples reconstructions de la tour. Après le dernier en 1820, la décoration intérieure fut recrée en style néogothique.

    En 1512-1521 pour la construction de la chapelle de la Vierge Marie qui jouxte le mur sud du déambulatoire, furent invités deux maîtres de Westphalie : Bern Wolt et Gert Konink. Ils créèrent un espace à deux travées, couvert par une voûte étoilée. Le mur extérieur de la chapelle est orné d’un cénotaphe, érigé en 1513—1516 en mémoire de l’initiateur de la construction de la chapelle, Hans Pa-wels. Autour de la niche rectangulaire, aujourd’hui vide, qui pouvait recevoir un Crucifix, se placent sur deux niveaux huit bas-reliefs consacrés à la Passion. Ils sont l’œuvre des sculpteurs allemands, Clemens Pale et Hikrik Byldensnyder. La différence de main des sculpteurs est visible : les bas-reliefs de la rangée supérieure, la plus éloignée du spectateur, ont plus de profondeur, les figures se détachant sensiblement du fond. Une pierre tombale avec un squelette ciselé porte l’inscription : « Ce que j’ai donné m’est resté ; ce que j’ai acquis, m’a quitté ; ainsi personne ne doit s’enorgueillir, car la vie humaine passe comme la fumée ».

    AB

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